Merci, merci, merci

chaanie-sp2Il y a des jours comme ça. Une grosse angine avec complication, un traitement à base d’antibiotiques trop lourds, une sensation d’abandon et la fac à laquelle je me rends parce que je dois y faire moisson de notes et que j’ai besoin de voir les gens qui sont mon quotidien. N’étant à priori et selon le médecin plus un danger pour mes pairs, je prends mon RER.

Je ballade mon regard vitreux, mes pupilles dilatées et mon écharpe de trois mètres même pas belle en plus. Je m’en fous, j’ai vraiment pas envie d’être belle. Sur ce parcours a priori promis au désoeuvrement je dis merci :

– A Monsieur Bordier professeur de littérature médiévale qui m’a fait cadeau d’un beau 14 soit la meilleure note quand j’attendais un 8. C’est plutôt bien, c’est avec ce monsieur que je veux faire un mémoire, le Graal, le roi pêcheur et tout le tralala, ça m’a toujours fait vibrer même avant Kaamelott je le jure.

– A la secrétaire de mon département qui m’a dit des choses gentilles et agréables et qui m’a emmenée dans sa voiture personnelle à l’infirmerie située à l’autre bout du campus, délaissant son bureau et sa montagne de travail et d’étudiants hystériques prêts à tout pour obtenir leurs notes.

– A l’infirmière qui m’a regardée pleurer pendant 10 minutes en me disant  » Mais à votre place, je pleurerais aussi vous savez, c’est pas un problème de tension que vous avez, vous êtes juste épuisée, allez vous allonger. »

– A la même infirmière qui a répondu à ma phrase d’au revoir :  » Je ne sais pas si je vais y arriver, je suis tellement fatiguée » un merveilleux  » Je ne me fais pas de soucis pour vous ». Cela vaut tous les discours de réconfort, ce simple aveu de confiance qui vous en redonne quand elle vous a quitté.

– A la fille du quai qui semblait me reconnaître et que moi vraiment je ne connaissais pas et dont la présence sympathique m’a contrainte à quitter mon petit cerveau étroit et embué pour accomplir un devoir social pas toujours si pénible.

– Au garçon super beau qui a ri avec moi quand je me suis assise sur le banc de l’arrêt de bus et que dernier à qui il manquait une fixation s’est presque renversé sur moi et avec moi. j’aurais pu me sentir cruche, mais pas du tout, parce qu’il m’a offert un beau rire franc et qu’il m’a dit  » Bougez pas, je vais équilibrer avec plaisir ». J’aurais pu me sentir encore plus poire quand le bus est arrivé et qu’avec une maladresse assez inhabituelle, j’ai fait tomber en me levant le contenu de mon porte-feuille et bien sûr le porte-feuille qui va avec… Et que le jeune-homme a pris le risque de laisser filer son bus pour de ses grandes mains ramasser
délicatement la moindre pièce en opposant à mon  » mais je vous en prie filez, le bus va partir », un  » Je ne suis pas à la pièce vous savez, et c’est le cas de le dire non ? »

– Au boulanger qui a pris le temps de me demander si je voulais une baguette peu cuite ou bien cuite, auquel j’ai opposé un stupide  » euh, il y a une différence ?  » et qui pourtant m’a tendu un petit paquet en en me glissant dans un souffle  » C’est celle que j’aurais prise pour moi ».

Le lait de la tendresse humaine… moi j’y crois un peu.

Merci, merci, merci… – Blogo ergo sum (cliquez)

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