Voyage, voyage

La fin d’année 2015 a été un peu mouvementée pour moi. Rien de grave, juste un peu énervant. Ça a commencé début novembre par le vol de deux vélos, mon Bianchi qui avait à peine un an et mon vieux btwin que j’avais donné à mon beau-fils pour qu’il apprenne le métier… Je commençais à chercher un nouveau vélo quand, fin novembre, j’ai chuté en moto et me suis fracturé le poignet droit. Poisse quand tu nous tiens, mais je relativise.
Donc, repos forcé, plâtre, rééducation et nous voilà mi-mars, date à laquelle je suis allé m’acheter mon nouveau vélo. J’ai eu du temps de libre pendant mes six semaines d’arrêt, j’ai d’abord cherché dans l’occasion, leboncoin, trocvélo, pour trouver un équivalent à mon Bianchi. Puis j’ai pensé différemment, et si c’était l’occasion de changer ?
Mon Bianchi avec sa transmission en compact était plutôt typé course, comme le btwin auparavant malgré son triple, léger, le minimum pour rouler, deux roues une transmission, un cadre, un guidon. Sauf que je ne suis pas un coursier, un coureur, un cyclosportif. Je ne suis pas là pour faire des performances, pour faire des classements. Mon truc c’est faire des randonnées en vélo avec mes compagnons de club si possible, c’est d’aller loin plus que d’aller vite, d’ailleurs vite je ne peux plus et mon corps me le rappelle, mon genou, mes cervicales, mes lombaires.
Alors je me suis rappelé du concept des randonneuses, des vélos faits pour le cyclotourisme, pour aller loin en pouvant transporter des bagages, une tente éventuellement (même si ce n’est plus pour moi – mon corps toujours), des vélos qui disposent de garde-boues, d’éclairage, des vélos que la géométrie de leur cadre en acier rend beaucoup plus confortables et aptes à faire de longues distances. Parce que ça me titille. Faire de longues distances, d’abord des 200km (déjà trois à mon actif), puis passer à 300, 600 et pourquoi pas prétendre à faire Paris-Brest-Paris un jour (le prochain se déroulera en 2019). Un autre truc qui me dirait ce serait de joindre Paris à Londres en vélo en passant par Dieppe pour le ferry, le parcours est fait de routes, voies cyclables et même chemins. Et ça, ça n’est pas possible avec un vélo de route classique, sauf à monter des pneus increvables. Alors que pour un vtc aucun problème. Mais un vtc, comment dire, ce n’est pas très sexy. Vous voyez, guidon droit, large selle, béquille… Seulement on peut trouver un compromis qui s’appelle la randonneuse ou vélo de voyage ou vélo de randonnée.
A partir de là je me suis mis en quête du vélo non pas de mes rêves puisqu’ils ne vont pas de pair avec mon porte-monnaie mais du meilleur compromis entre le prix, les caractéristiques et l’allure. Et force est de constater que d’une part les grandes marques de vélos que l’on retrouve chez nos vélocistes ne font pas ou plus dans la randonnée (et introuvables en occasion) et que si on veut que ça soit fait en France il faut passer par le sur mesure, et là ça fait mal, on ne trouve rien en dessous de 2000€, et encore quand on veut tous les équipements d’une randonneuse on est plus près des 3000… Hallucinant.
Je me suis alors tourné vers d’autres cieux plus exotiques question vélo, comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne. Dans ces pays on construit des vélos de voyage, des touring bikes ou des audax bikes comme ils appellent chez les anglais. Et sur les sites en ligne anglais on trouve toujours un rayon touring avec un grand choix de randonneuses à des prix enfin abordables (autour de 1000€) : Elles ont pour nom Dawes, Jamis, Ridgeback, Genesis, Pashley. J’ai failli acheter par correspondance sur un de leurs sites, jusqu’à ce que je trouve deux sites français dont un avait des magasins à Paris.
Ils vendaient tous deux des vélos de la marque Ridgeback dont les prix allaient de 750 à 1500€ et au milieu de la fourchette à un peu plus de 1000€ le Ridgeback Voyage au nom si évocateur. Et quelle belle allure. J’y allais confiant aussi de par le retour positif que j’avais eu d’un blogueur spécialiste de la montée du col d’Aspin. J’ai fini par l’acheter chez Cyclable 12 et j’ai déjà quatre sorties à mon actif pour plus de 300km. Je commence à me refaire une santé (même si je confirme que la reprise est difficile après 5 mois d’inactivité) et à me familiariser avec mon Ridgeback : parce qu’il est lourd (13,6kg) mais solide (l’air de rien le vélo et moi on avoisine le quintal), les pneus sont plus larges que sur un route (32mm contre 23) mais passe-partout, les braquets sont ceux d’un vtt (48-38-28 à l’avant et 12 à 34 derrière) donc je me servirai plus souvent du grand plateau et les raidards ne me feront pas peur, le guidon se trouve plus haut que sur un route, quasi au niveau de la selle et je vous assure que mon dos en est très content.
Pour conclure, mon vélo me plait beaucoup, je suis bien dessus, il fait encore parler mes compagnons de route et ça c’est bien, mais pas seulement eux puisque l’excellent magazine « 200 Le vélo de route autrement » lui consacre deux pages, quel honneur pour ma randonneuse.
Et quoi de prévu cette année sur mon vélo ? Hormis les sorties dominicales classiques en vallée de Chevreuse ou dans l’ouest parisien je me suis inscrit sur Versailles-Chambord (222km) en juin, puis je pense faire Pantin-Joigny (210km) en juillet, et en septembre Levallois-Cabourg (220km), de quoi bien rôder ma machine.

ridgeback_voyage

 

Du pain et des jeux

du pain et des jeux

(cliquez sur l’image pour le lien)

« Les grands événements populaires sont indispensables. Oui, l’Euro de football, comme le Tour de France et d’autres grands événements auront lieu » (Manuel Valls)
Ben tin ! Déjà que la situation politicoéconomique française est au plus bas à un an de la prochaine présidentielle, manquerait plus que le français moyen n’ait pas sa dose de foot et de tour de France, et ce malgré un gros risque terroriste. Si j’étais en colère je dirais bien que j’ai l’impression qu’on nous prend pour des bœufs (ça marche aussi avec moutons).
A propos de la présidentielle 2017 j’ai trouvé une tribune sur le site de libé : Pour un boycott actif de l’élection présidentielle. A méditer, et je me tâte.